" je suis vivant, parfois venin, ne pliant pas, empli d'errances, toujours en manque, manque d'autrui(s), sublime preuve de mon existence..."

27/05/2008

27/05/08 - 18:12

Hémorragie à l'errance : récit autobiographique



"... aspiré par ce récit. Je pense à ce qu'à écrit Gilles Deleuze concernant Michel Foucault, employant à son propos le terme de documentaliste, mot à prendre ici au sens le plus noble. Jean-François Jacq nous livre une génèse. Il nous décrit son errance selon une méthode très rigoureuse, en respectant les faits parvenant ainsi au lecteur totalement intacts. Ce qui rend son œuvre forte et exceptionnelle, c'est cette délicate alchimie qu'il a su créer entre les émotions et les faits, émotion d'une force indescriptible, accompagnant son errance et nous arrivant d'une manière totalement juste. Pas une fois je ne me suis senti prisonnier, dénigré pour n'avoir jamais été obligé de vivre dans la rue ; c'est une grande force de son travail pour lequel il serait impropre d'utiliser le mot violence. Il ne nous impose aucun point de vue, il ne nous force à aucune opinion, compassion ou révolte. Ce qui est riche - un plaisir -, c'est qu'il ne se permet pas de nous dicter ce qu'il veut transmettre ".
Michel Lecorre.

Merci à toi Michel...

BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR :
Internement psychiatrique à quatorze ans, par erreur. Longue période de paralysie suite à une maladie rare. Créant son entreprise à dix-huit ans. Sans domicile fixe durant trois ans. Reprend ses études, abandonnées sans avoir jamais été au lycée, à l'université Paris VIII (Licence en Arts du Spectacle). Jean-François JACQ, né en 1964, a su tirer la sève d'un parcours des plus chaotiques et rebondir à travers l'écriture. Membre de la cie Kaléidoscope Bleu depuis 1994, il participe à tous les projets de la troupe en tant que comédien, auteur et metteur en scène. Après avoir vécu de longues années à Paris, réside dorénavant dans le Cher, à Vierzon.


Hémorragie à l'errance (génèse) - Editions La nef des fous (sortie mai 2008)

Retrouvez mon journal de bord (archives au quotidien) et mes publications sur mon site :
http://www.e-monsite.com/jeanfrancoisjacq/

A titre d'info : Ceci n'est pas un spam, je suis l'auteur de ce livre, auteur de ce blog sous le nom " marginal " et je porte à l'attention de tous ce que je réalise " par moi-même ", sachant que ce livre ne sera pas diffusé en librairie, mais uniquement disponible via mon site (ou via l'éditeur).

08/01/2008

08/01/08 - 00:06

Ma vie est humainement un désastre... à peine entré dans la quarantaine, je vois partir l'un après l'autre ceux que j'aimais... récemment encore, le 18 décembre, ce fut le tour de mon ami Rodéric, qui s'en est parti à 38 ans. 2007 a été un enfer dont je n'en ai pas vu le bout. J'ai énormément besoin des autres, de leur amitié, de leur amour, de leur présence... et l'année d'avant 3 des mes amis, comptant plus que tout, et parmi eux " mon grand amour ".... alors que faire, que dire, que vivre ? J'essaie de surmonter tout cela, j'essaie de tenir encore debout considérant que toute rencontre demeure pour moi extrêmement importante. Mais je vis et je suis à fleur de peau, certainement dû à ces années passées à la rue, durant ma jeunesse... je vis ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Ce nouvel an passé seul, ou presque, en tête à tête avec mes souvenirs, mes amis disparus... à parler et parler avec Daniel, mon ami et amour de ma vie, que j'aurai voulu serrer dans mes bras en ce jour annonçant une année nouvelle... mais il m'a quitté, je ne me parle plus qu'à moi-même... chaque jour à lui parler et hier encore à pleurer sa disparition, toujours aussi cruel à vivre, en ce qui me concerne, 13ème mois m'étant un enfer, mon bébé, tu n'avais que 29 ans, et nous nous aimions à la folie... alors, j'ai allumé une bougie sous ta photo, je t'ai demandé de me venir en aide, de ne plus me laisser seul à ce point, à ce point de souffrance insurmontable ; je t'ai demandé de me faire signe... de faire en sorte que quelque chose se passe dans ma vie... une rencontre ? Il le faut. J'ai besoin d'aimer, de recevoir et de donner immensément d'amour... Intérieurement je suis à bout... en achetant ta concession au cimetière, mon bébé, j'ai réservé une place à côté de la tienne... et vois tu mon bébé, vois tu... là, dans l'état où je suis, de fragilité et de désespoir, je ne me donne pas plus d'un an, cette année, 2008, pour que les choses changent, pour qu'un miracle se produise... et s'il ne se passe rien... quelque part au fond de moi, mon amour, je me suis promis de te rejoindre...

13/11/2007

13/11/07 - 12:28

Faire le deuil, et encore le deuil, en attendant que...?

Je ne sais pas. En attendant quoi ? Depuis le décès de mon bébé amour, Daniel, j'avoue ne plus savoir quelle est la direction à prendre, comment reprendre gout à la vie, etc. A la base, je suis déjà un être extrêmement écorché, ce qui fut d'ailleurs aussi le cas de Daniel, d'où une communication peut-être plus difficiles avec mes semblables ? Et puis non, je crois qu'en vérité on communique très peu sur soi, on se dévoile très peu, et au bout du compte a-t-on donné le meilleur de soi-même lors de chacune de nos rencontres ? C'est ce que j'essaie de faire, un peu désespérément, là où mon besoin d'amour est absolu, mon besoin de vivre en communion avec un compagnon de route, car cette route que j'ai suivis ne m'a jamais épargné. J'aurai préféré tout perdre, absolument tout, plutôt que perdre Daniel. A 29 ans et au regard des souffrances qui ont été les siennes, son départ est trop injuste. Il m'a remercié pour avoir été là jusqu'au bout, mais il ne m'a rien dit sur la manière dont je devrais surmonter sa disparition. Je n'ai pas non plus osé lui demander. Bien entendu, je vais un peu mieux ; bien entendu, je ne passe plus une partie de mes nuits à hurler de douleurs ; ni mes journées à pleurer et pleurer... De temps à autre les larmes sont encore là. Je dialogue avec lui, je lui raconte les choses qu'il aurait été heureux de partager avec moi ; de toute façon il était toujours heureux ; à s'émouvoir d'un rien, tout étant source de bonheur à partir du moment où nous étions ensemble... C'était Daniel. Entier et heureux. Amoureux à un point... Aujourd'hui je tente de lui promettre de me mettre enfin en quête de je ne sais quel bonheur ; un garçon je l'espère. Non pas pour oublier Daniel, mais pour continuer à vivre ; pour continuer à gouter a ces joies et ce plaisir de vivre dont j'ai perdu la saveur... L'amour, du moins : être deux.. Etre amoureux ? C'est indéniablement s'inscrire dans le présent.

11/11/2007

11/11/07 - 00:05

Control (portrait de Ian Curtis) - Noir / Blanc / sublime : énorme


Octobre. De passage à Tours, pour la seconde fois de ma vie, à déambuler dans les rues, tout en sachant que je suis là car un petit cinéma de quartier projette le film de Corbijn, tu sais bien, à propos de la vie et la mort de Ian Curtis, en 1980, à 23 ans, par pendaison. Ah oui ! Et toute la chambranle musique des Joy (Division) qui me remonte à la tête... Le crâne, Oh oui... She's lost control. sublime ode / film à un mec ayant tenté de marcher sur le fil de la vie, j'ai presque l'impression en disant cela que nous sommes si peu nombreux à marcher et à / à déambuler sur ce fil, à l'excès, hors cette sorte de quotidien, sans pour cela se targuer de la moindre prétention ; tout simplement s'en tenir là, au dessus et dessous du vide de la création. De retour vers la gare, dans les rues, à marcher comme une sorte de fou qui aurait compris quelque chose à la manière de mener ma vie, et en chemin toujours à la recherche d'une ombre / regard / d'un être écorché. A marcher et écrire en même temps quelque bribes ; à respirer / songer à Ian ; songer à ce passage qui nous est offert, à cette route à suivre et que nous nous refusons, la plupart de temps de suivre ; par peur, mon ami, par peur, OH peur de se retrouver dans la vie, vivant / danger et tout ce qui va avec... Parfois je me demande si je n'ai pas touché de trop près tout autant la vie que la mort ; du moins les deux en même temps, comme en le même souffle. Qui me suivra un jour très vite / au plus vite / proche en : ce souffle ?

05/11/2007

05/11/07 - 00:50

un an déjà que mon bébé (d'amour immense) m'a quitté...


365 jours. l'amour, amour fou, mon petit homme de 29 ans, et un an déjà que j'essaie d'apprendre à vivre sans toi. Un an que je n'y arrive pas. Visite au cimetière de Vierzon, où j'y avais déposé ton urne. Un an, et je suis le seul en ce dimanche a t'avoir rendu visite. Comme au jour de tes obsèques, tes " homophobes " de parents ne sont pas venus ; n'ont donné aucun signe de vie ; ni de chagrin (voir mon post de la veille, sur mon journal de bord). Passé la journée à regarder de nouveau l'ensemble de nos souvenirs / photos / vidéos.
j'ai peur Daniel, mon bébé, peur des jours à venir, peur de me laisser envahir par le chagrin, peur de ne plus pouvoir supporter la vie, à relire tes lettres de remerciements pour tout ce que j'ai fait pour toi, pour tout l'amour que je t'ai donné, mais mon bébé, et l'amour que Toi tu m'as donné, et l'amour que je voudrais encore te donner... je m'épuise à tenter de vivre, il est vrai ; j'espère une lueur / étincelle ; je n'écris plus - moi dont l'écriture est la matière - depuis que tu n'es plus là, à mes côtés... sinon des bribes... sinon en 2008 ce prochain livre qui à paraitre et qui te sera dédié. A part cela... je n'écris plus ; n'y arrive vraiment plus.
mon bébé. Je suis en train de relire et relire tes derniers sms que je ne pourrais jamais effacé ; ainsi celui-ci, au hasard, si tentant, lancé de ton lit d'hôpital :
" Mon coeur, viens vite, je t'aime ".
J'ai parfois envie de venir, te rejoindre, puisqu'après tout cette vie a mis fin définitivement à notre amour...

03/11/2007

03/11/07 - 02:43

De quoi définitivement (...)


moi (à gauche) et Daniel (qui n'est plus...)


C'est drôle. Ce journal, mon compte ici. Pas venu depuis longtemps. Pas mal de tristesse à sa relecture. Et quoi donc pour qu'un silence si long se fasse ? Rien dans ce journal depuis mai 2006 ? Oui. A ce moment-là, je revivais. Il y a eu la rencontre avec l'homme de ma vie. Daniel. 29 ans. Un ange. Mon ange, comme il m'appelait. Mon bébé d'amour. Moi qui n'avais jamais su ni cru que l'on pouvait aimer / donner / recevoir à ce point... Un amour fou et grand, commencé le 6 juin 2006. Et puis Daniel est tombé malade. En Juillet2006. Un cancer. Quelques métastases, cinq chimiothérapies, traitement stoppé en vérité au bout de trois, les médecins précisant qu'il n'y avait plus de métastases. plus le temps passait et plus nous nous aimions ; puis en octobre, son état s'est dégradé... Une fibrose. Les poumons brulés à 60% du fait de la chimio dosée... trop fort. J'ai été là jusqu'au bout, sans jamais perdre une miette de ces instants passés à ses côtés, lui fou d'amour à me remercier pour tout, et moi, moi, ayant peur absolument de le perdre. le 4 novembre 2006... à 20H15.... il s'en est allé. Sans que ses parents, tout proche de l'hôpital, ne daignent venir le voir. Son père " HOMOPHOBE " lui ayant déclaré droit dans les yeux : tu n'as qu'à crever. Sa mère, qu'il a tant réclamé n'est même pas venu ; ni téléphoné pour prendre de ses nouvelles... J'ai dû tout organiser, m'occuper de ses obsèques, incinération à Bourges, et là encore, là encore, la pire chose que l'on puisse faire à son enfant ? Ils ne sont pas venus à ses obsèques... le 27 fevrier, jour de ses 30 ans, j'ai acheté une concession sur Vierzon, " pour nous deux " et j'y ai déposé son urne... ce devait être le jour où nous devions également nous pacser...
demain, c'est le 4 novembre. Soit un an depuis que tu m'as quitté... et je ne cesse de penser à toi ; et je ne cesse de te pleurer... Daniel était un garçon d'une extrême gentillesse, attentionné, doux, curieux, heureux de vivre, et fou, fou, fou d'amour... et pas de mots pour dire à quel point : il me manque....

27/05/2006

27/05/06 - 02:33

Tristesse (en bordure de la mort)

Je suis triste, infiniment triste. Pas une tristesse passagère, mais une tristesse qui dure, depuis ce 17 janvier, date de la décès de mon ami le plus cher. Chaque jour il me manque. Ce soir encore je me suis effondré, submergé par les larmes. Je ne m'en remets pas... Quand je ne pense pas à lui, je pense à tous ceux qui m'ont déjà quitté... je ne suis pas si vieux, mais quand on a vécu plusieurs années à la rue... la liste est longue... longue la liste de mes amis de misère... Guillaume que j'ai tant aimé... alain que je n'oublierai jamais, etc. Je suis fracassé, abimé, et pourtant j'ai encore encore et encore besoin tant et tant d'amitié / amour à doses fortes... tojours à me rechercher des gens (pourquoi ne pas dire tout simplement des garçons) vivant au fil du rasoir, des écorchés... je n'en connais plus tellement... ça aussi, infininement, ça me manque.

11/04/2006

11/04/06 - 13:07

Journal (extrait du 11 avril 2006)

Reprendre simplement goût à la vie. Si loin, si loin, il faut remonter la pente. Mâtinée d'un corps qui se lève et dont je mens sens si peu, si mal, en présence avec. A un moment de la journée me reviendra comme à chaque jour cette pensée, qu'il faut que je me saisisse d'un sac à dos afin de prendre, prendre la route, la reprendre ; je m'en tiendrais encore ce jour-là à mon stylo, pensée, papier. Le fait est que je demeure, à l'intérieur de mon être, un vagabond définitivement en partance. Ainsi est le goût, la saveur ennivrante de mon existence. Goût et saveur en moi ancrés pour avoir durant de nombreuses années trempé ma vie où il n'y a qu'éclats et bords, bordures et troubles infiniment de routes. Reprendre encore irrésestiblement goût à la vie tout en sachant que je ne peux véritablement vivre que sur le côté...

15/03/2006

15/03/06 - 19:53

Et toi je te demande : Que deviens-tu ?


La vie est, pour chacun de nous, une formidable aventure, unique. Au-delà de tout bien matériel, jusqu'à quel point nous investissons-nous : " dans le but " de la vivre pleinement ?

14/03/2006

14/03/06 - 12:56

Bilan Août 2005 / Mars 2006

Aout : Des amis me prêtent une superbe maison, aux portes de Paris. Je décompresse. J'y entraîne mon ami O. Nous passons un été radieux, savoureux durant lequel O. recommence à composer. Je commence à apprendre à faire du roller avec un membre de GA (dont je tairais le nom, mais pour vous mettre sur la piste il sagit de A.)
Septembre : Mon plus cher ami, O., est hospitalisé... Commence trois long mois en réanimation où je serais là, quotidiennement à ses côtés, et où nous nous répéterons sans cesse, combien nous nous aimons. Il est atteint de la tuberculose ; ayant passé tous ces derniers mois avec lui, je me fais contrôler, et je suis détecté positif (à la tuberculose, je précise. Je dois me surveiller encore actuellement, mais je ne suis pas " contagieux ", donc personnne ne court aucun risque en m'approchant, voire plus...)
Décembre : c'est la fin de mon contrat emploi aidé (c'est tout ce que j'avais réussi à trouver)... Rencontre avec le comédien Jean-Pierre Léaud, auquel je voue un véritable culte...
Janvier : le 15. Je dois rendre les clés de mon studio parisien. Ma studette de 12m2 me revenait à 480 euros par mois lorsque j'en gagnais 560, avec mon contrat aidé. Comment faire ?
Janvier : le 17. Mon ami m'a quitté. Il s'est éteint durant la nuit, séropositif ayant succombé des suites de sa tuberculose. Je suis effondré. Lors de notre dernière conversation, il était inquiet pour moi, pour ce que j'allais devenir, puis nous avons regardé un concert de David Bowie ; sourires l'un et l'autre à nos lèvres...
Janvier : le 20. Je quitte Paris pour m'installer en province, là où par la force des choses la vie sera moins cher, je m'installe à Vierzon, dans le cher, ville où je ne connais personne.
Janvier : le 24. Enterrement de O., au Père Lachaise. Suivront de longues journées à pleurer sa perte...
Février : Mes finances ne sont pas glorieuses. 21 mois de contrat aidé et je dois faire avec 14 euros par jour. Il n'y a pas de miracle. J'ai réussi à décrocher trois entretiens, côté travail, mais pas de rappel. Pour m'en sortir, je décide de recommencer à ne m'alimenter qu'une fois par jour. J'écris. L'écriture, c'est à peu près tout ce qu'il me reste ; c'est dorénavant mon lien avec la vie. J'ai déjà publié un livre, je suis en quête d'un éditeur pour un autre manuscrit achevé, déjà pas mal de refus à ce sujet, et je bosse d'arrache pied à un autre texte.
Mars : Je pensais que mon ami T. allait me rejoindre, que nous allions enfin vivre ensemble, mais il semble que ce projet soit remis en cause. T. songe à rester en région parisienne, et me précise qu'il préférerait que nous restions " amis "... Je dois donc me rendre à l'évidence, sentir à nouveau la peur chez l'autre, en l'autre, de s'engager. Je n'ai jamais été aussi seul.

14/03/06 - 10:12

Budapest, je me souviens...


J'ai eu un véritable coup de foudre pour cette ville, où l'architecture y est totalement sidérante. La ville est séparée en deux par le Danube. D'un côté il y a Buda, situé sur les hauteurs, et de l'autre côté Pest, et ses quartiers populaires. En bordure de Buda se trouvent les bains de l'hôtel Gellert, avec son intérieur Art Nouveau original, les mosaïques en couleur, les colonnes en marbre, les vitraux et les statues ; deux piscines avec eau à 26° et 38°, où vous plongez de bohneur. La ville compte pas moins de 120 bains thermaux. Inimaginable de visiter Budapest sans s'y rendre. J'ai eu l'occasion de visiter d'autres bains tout aussi originaux les uns que les autres. Ainsi en me rendant avec Zoltan, mon ami hongrois, dans l'un de ses bains, on nous remis pour protéger notre virilité, un petit carré de dix centimètres sur dix, avec petites ficelles que vous attachez derrière ! Je ne vous pas dit pas l'originalité de la chose ! Tous ces hongrois se balladant les fesses à l'air ! Enin je me rendis seul dans un autre bain, plus que conseillé par le guide du routard, sans plus de renseignement sur le lieu. Là on ne donnait ni de serviette, ni de petit carré de tissu ; rien ! L'endroit était superbe, et ce que ne précisait pas le guide du routard, c'est que ça baisait dans tous les coins... Je songais alors au pauvre hétéro atterrissant là sur les conseils du fameux guide ! Il pouvait alors assister au plus beau spectacle que puisse lui offrir la hongrie... Mon long séjour dans cette ville fût parmi le plus beau de mes voyages. Lorsqu'on arrive dans une ville que l'on ne connait pas, en bon homo que je suis, j'arpentais les bordures de fleuve, c'est toujours forcément là que ça drague. J'y rencontrais Gustav, joli frimousse, roumain, forcément là pour se faire un billet ou deux, d'une gentilesse extrême, tentant de me raconter sa vie à moitié en anglais, saupoudré de hongrois, et de quelques mots en français. La douceur de cette ville passe aussi par la beauté de ces garçons que l'on y rencontre : et qui ne se la pète pas. Tout cela me donne absolument envie de revoir Budapest...

11/03/2006

11/03/06 - 19:52

La phrase du jour

" Mieux vaut être fasciste que pédé ", dixit Alessandra Mussolini, petite-fille du Duce et l'une des chefs de file de l'extrême droite italienne...

10/03/2006

10/03/06 - 11:19

Un Blog... Mais qu'est-ce ?


Les Blogs me font penser à un univers (à chaque fois personnel, unique, intime) à l’intérieur duquel le visiteur pénètre(oui je sais, ça en dit long sur les intentions du visiteur). Le détenteur du Blog ouvre un peu de soi, de l’air passe à lecture des mots, de l’air frais à travers mots servant plus ou moins fort à se raconter. Comme dans la vie et les rencontres que l’on fait, certains Blogs ne présentent à nos yeux aucun intérêt. D’autres nous intriguent, nous ressemblent, ou bien ressemblent à l’univers que nous aimerions déployer. Et quand on quitte le Blog qu’on vient de visiter, c’est un peu comme une porte que l’on referme. Sait-on si l’on reviendra y plonger son œil, pareil à un médecin auscultant à pleines mains les entrailles (si le Blog est profond) ou bien à peine la peau (si le Blogueur est pudique) ? Chaque Blog s’apparenterait-il à un acte d’amour ?

09/03/2006

09/03/06 - 15:32

Anniversaire de L. (et de notre rencontre)


Cela fait 20 ans, à quelques jours près, que L. et moi nous connaissons. Et d'ici la fin du mois, ce sera son anniversaire. Notre rencontre a eu lieu dans un foyer de la Dass. Il ne s'est jamais prétendu homo et j'étais amoureux de lui. Au terme de trois années chaotiques, tout autant pour l'un que pour l'autre, nous avons habité ensemble durant un presque un an. J'avais une chambre de bonne sur l'avenue de Clichy, à Paris, et lui n'avait plus de domicile. Ma chambre faisait en tout et pour tout cinq mètres carrés. Il y avait un petit lit dans lequel nous nous réfugions et dormions nus comme un seul corps, à tour de rôle immensément serré contre l'autre. De temps à autre son frère (jumeau, avec qui j'eus l'année précédente une courte relation) venait dormir entre le frigidaire et la télé. Puis nous nous sommes perdus de vue et retrouvé de nouveau quelques années plus tard. Aujourd'hui L. a une famille. Notre vie en commun, ponctué de relations intimes, a été l'un des grands bonheur de ma vie. Je ne sais pas si L. sait à quel point l'affection qu'il m'a donné m'a été d'un grand secours. Lorsque la vie est faite de misères immenses, c'est une bénediction. Pourtant nous n'avons jamais employé ni le mot homosexualité, ni le mot relation. Tout cela a été d'un incroyable naturel ; l'instinctif de deux êtres ayant plus que jamais besoin de chaleur humaine. Jamais plus nous n'avons abordé ce sujet. Cette époque, oui, mais pas la manière dont nous l'avons vécu. Je n'ai plus la moindre attirance pour lui, alors vais-je réussir à en " parler " avec lui le jour de son anniversaire ?

09/03/06 - 13:25

rencontre avec Jean-Pierre Leaud


J’ai eu l’occasion, en décembre dernier, de rencontrer Jean-Pierre Leaud. Une amie, connaissant mon admiration pour cet acteur, passe me voir et me dit : « dépêche-toi, il est en bas, il t’attend ». Je descend. Il est là, c’est bien lui, recroquevillé à l’avant d’une voiture chaotique, garée en travers du trottoir, il me regarde à travers la vitre, de ses yeux que l’on oublie pas, paré de vêtements en lambeaux, s’excusant avant même que je ne puisse prononcer un mot. Je ne parle pas des quatre cent coups et autres pièces maîtresses de son œuvre, mais de toute l’intensité qu’il a su apporter dans des films tels que le mauvais « pornographe » où tout ne tient que par son unique présence. Je sais par avance que ce genre de compliment va le toucher. Je ne me trompe pas. Il est littéralement ému. Notre poignée de mains durent infiniment longtemps. il se dégage de son être une aura bouleversante, une saissisante plainte telle une écorchure à vif me faisant penser à Artaud ; terriblement marqué par la vie mais dans le même temps : terriblement présent.

09/03/06 - 00:39

" C'est à croire que tous ces films parlent de nous " (et moi dans tout ça, qu'est-ce que je deviens ?)


Sublime. Projection du film de Pedro Almodovar : La mauvaise éducation. J’en sors littéralement bouleversé. Au-delà du scénario, de l’histoire qui est compté, Almodovar est un grand cinéaste, maîtrisant parfaitement son art, et remplissant ses films d’une palette de couleurs qui existe bel et bien dans la vie, mais prenant à l’écran une dimension totalement incroyable. La phrase en introduction de ce message est tirée du film, lorsque deux des protagonistes sortent justement de la projection d’un film, dans le film… évidemment. Tous ces films que nous nous projetons parlent évidemment de nous.
A propos de moi. Et de mon silence sur mon Blog, puisque mon dernier message est daté du mois d’août… C’est carrément loin. Mais je reviens de loin, pour résumer la situation, et j’ai perdu un ami en route. Plusieurs mois d’hôpital durant lesquels je l’ai accompagné comme il se doit… La mort a rodé puis s’est posé sur lui. Ces mois ont permis de nous répéter l’amour que nous avions l’un pour l’autre (même si dans ce cas précis, il s’agit « d’amour / amitié », cela reste fabuleusement de l’amour).
Je suis impardonnable. Avant tous ces événements de ces derniers mois, j’avais le plus grand mal à « vivre comme tout le monde » (confère mes premiers messages de ce Blog). Dorénavant je n’en suis plus que rebelle. Je sais que ce mot employé de la sorte ne veut pas dire grand chose. Mais on ne va pas demander à un écorché vif de rentrer dans le rang. Qui puis-je, j’ai dans le sang de vouloir vivre autrement, et tout cela s’est accentué durant ces derniers mois. Je ne refermerai pas les plaies et je ne tiens pas à ce qu’elles se referment. Vivre sans cela n’aurait pour moi plus de sens. Alors je m’acharne à « chercher » d’autres personnes ayant cette tentation folle de vie et de vécu à pousser très loin. De l’acharnement, c’est ce que je recherche dans mes futures rencontres qui, je m’en doute fort, seront rares. L’écriture me tient debout, me tient en rage. Que ceux qui ressentent cette pulsion étrange du désir de vivre à l’arraché sachent que je les comprends… Une seule vie nous est offerte, où chaque instant que nous avons à vivre est unique, se doit d’être totalement unique. Et dans cette fusion / effusion de secondes que nous vivons, nous avons besoin de l’autre, tel un miroir il nous renvoie notre image, que nous ne sommes pas à même de voir / recevoir. Sans cet autre : nous ne sommes rien.
J’écris, c’est le combat de ma vie. J’écris et tout en écrivant je me tiens en éveil, en vue de ces rencontres uniques, à faire. Jusqu’à ce que se présente celui qui partagera mon existence folle ; en marge. J’écris, je cherche, te cherche, j’écris ; je m’épuise à cela.

03/08/2005

03/08/05 - 12:46

PIXOTE, la loi du plus faible - 1981 - Hector Babenco (Brésil)



A ne pas manquer ce mercredi soir, à 22h50 sur Arte. Premier film d'Hector Babenco, avant qu'il se fasse manger par Hollywood (il réalisera par la suite, en 1985, le baiser de la femme araignée). Si vous ne le connaissez pas, vous allez recevoir ce film choc comme une énorme claque dans la tronche. Il révéla, en ce début des années 80, les conditons d'existence de trois millions d'enfants livrés à la rue (et la dénonciation de certaines pratiques policières).

RESUME DU FILM - Pixote, 10 ans, est interné avec ses camarades dans un centre de redressement où la police vient sans aucun contrôle régler ses comptes, où les surveillants font impunément subir des sévices aux détenus. Contraint de s'enfuir, tâtant du traffic de drogue et de la prostitution, les apprentis truands restent sur le carreau les uns après les autres...

COUP DE COEUR - Pour le personnage du jeune pédé Lillica : " pépite de conscience dans un monde égaré " (citation empruntée à Isabelle Potel).

ANECDOTE - Fernando Ramos Da Silva, qui interprète le personnage de Pixote, a été mystérieusement tué par balles, par la police, six ans après ce film.

01/08/2005

01/08/05 - 00:07

MON NOM EST PARIA ET JE VIENS DE LA RUE



photo extraite du film " Paria " de Nicolas Klotz (2001)

Ca risque de flinguer l'atmosphère, mais tant pis, puisque c'est un morceau de moi-même - comme un membre supplémentaire - et que ceci me ronge quotidiennement, d'autant que cela risque de revenir un jour où l'autre via un billet lâché dans mon journal de bord : je viens de la rue ; j'ai passé plusieurs années à la rue, ça fait déjà un petit moment mais je dois souligner d'emblée que l'on ne s'en remet pas ; jamais. Comme toute douleur ayant prise des proportions giganstesques, on apprend seulement à vivre avec mais surtout, surtout : on ne regarde plus le monde de la même manière. Trois années à la rue ; pas un seul jour écoulé depuis que je m'en suis sorti sans que je n'ai une longue et forte - voire folle - pensée pour tout ce que j'y ai vécu ; pour toutes ces ombres que j'y ai croisées ; je suis de ce monde, et quelques minutes par jour je ne suis plus de ce monde; plus de ce monde... je ne marche pas à tout instant dans les rues de la même manière qu'un flâneur ; parfois impossible. J'engrenge des images totalement invisibles à la plupart d'entre vous ; parfois j'ose me dire que je m'en alimente ; je sais d'où je viens et je me tiens : sur le vif, en accord avec moi-même, SDF fût un temps long, sans autre domicile que mes entrailles... et je le vis bien tout ce que j'ai vécu - hormis la rue et avant la rue, il y a eu bien pire - je le vis extrêmement bien, et j'incite tout le monde à en faire de même, quelque soit la douleur à porter, relever la tête : et.

" je suis vivant, parfois venin, souvent givré, toujours en manque, en manque d'autrui(s), simple et sublime preuve de mon existence..."

 

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Hémorragie à l'errance (parution mai 2008)
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